L'année des 40 ans de la voile

Laura Vergne : "Notre histoire dans la course au large en solitaire a débuté par un accident"

L'ancienne directrice de la branche plaisance de l'assureur est à l’origine de son engagement dans le sponsoring voile, dont le flambeau a été repris par Marie-Christine Lanne, actuelle directrice de la communication et des engagements sociétaux. Rencontre et interview.

 

Laura Vergne est l'ancienne directrice de la branche plaisance de La Concorde puis de Generali. Elle est aussi à l’origine de l’engagement de l’assureur dans le sponsoring voile. Elle fut aussi Présidente de la classe Figaro-Bénéteau, de 1994 à 2000. Une grande dame de la voile française, unanimement reconnue dans le milieu. Aujourd’hui à la retraite, elle a accepté de revenir pour nous sur son engagement. Marie-Christine Lanne, actuelle directrice de la communication et des engagements sociétaux de la marque, qui a repris le flambeau, commente : "La course au large a apporté une belle image à notre société notamment pour cette activité « plaisance » où nous étions leaders du marché. Avec Laura en « chef de file » qui a fait notre succès dans ce domaine".

Pourquoi Generali est-il devenu un sponsor de la voile ?

L’histoire de La Concorde puis de Generali dans la course au large en solitaire a débuté par un accident. Nous assurions un voilier « port de Pornic » qui a coulé. C’est comme ça que nous avons rencontré le milieu de la voile et la direction de la course de l’Aurore qui nous a mis le pied à l’étrier. Elle nous a alors proposé un bateau et un skipper en la personne de Bruno Lunven. J’étais alors une simple cadre en charge de la Plaisance au sein du service d’assurances transports. Nous avons commencé, peu à peu, à vendre des assurances dans le nautisme auprès de chantiers. Dès 1976, le groupe décidait de continuer à soutenir un voilier sur la course de l’Aurore. Depuis, cela n’a pas arrêté. 40 ans de voile, 18 skippers, de grandes aventures, des amitiés…

Je suis née dans le Limousin. Ce qui me plaisait chez le marin, c’était qu’il avait les mêmes qualités de résistance que le paysan. J’ai retrouvé beaucoup de similitudes entre ces deux mondes et je n’étais pas la seule.

Vous avez été parmi les premiers à vous laisser séduire par le Vendée Globe : Alain Gautier l’a couru sous les couleurs de Generali Concorde.

Je me souviens fortement des épopées d’Alain Gautier sur le Vendée Globe Challenge en 1989. A terre, nous ne dormions pas tant les courses étaient difficiles pour un homme seul. L’arrivée du Vendée Globe Challenge a été un moment très fort. Alain avait eu des problèmes importants de barres de flèche. Quelle délivrance de le voir aux Sables d’Olonne !

Dans l’enthousiasme de ce premier Vendée Globe, vous  armez Alain Gautier pour le BOC Challenge...

C’est en effet la suite, mais les budgets sont onéreux pour un groupe comme le nôtre qui, à l’époque, est un acteur moyen du marché français. Il n’y avait pas encore de vraie dynamique de groupe à l’échelle mondiale et, pour le BOC, on avait dû fédérer les filiales internationales  - Generali est présent dans 60 pays -, dont une avec Europ Assistance en Afrique du Sud, qui viendra accueillir Alain lors de son arrêt au Cap. Alain finit alors 2e, il veut repartir sur le Vendée Globe, mais la crise immobilière de 1992 sévit et nos budgets doivent être vissés. Nous nous sommes repositionnés alors naturellement sur le circuit Figaro.

Votre sponsoring change de destination et vous sponsorisez la Solitaire du Figaro…

L’histoire de La Concorde puis Generali dans la voile a vite était très liée à la course de l’Aurore puis la Solitaire du Figaro. L’arrivée du Figaro Bénéteau 1 a marqué l’arrivée du professionnalisme dans ce milieu.  Au fil de nos soutiens de skippers, je suis devenue présidente de la Classe Figaro. La Solitaire du Figaro et Generali est une histoire d’amour. Nous avons tout connu sur cette épreuve. Des victoires avec Gilles Le Baud, Alain Gautier, plus récemment avec Pascal Bidégorry et Nicolas Lunven, des problèmes techniques, des histoires de mer, des émotions…

Quelle leçon tirez-vous principalement de tous ces investissements successifs ?

Le sponsoring est une histoire de fidélité. Il n’est positif que si nous agissons dans la durée. La voile colle à la peau de Generali. Etre 40 ans dans le même sport, ce n’est pas rien. Nous avons suivi 18 skippers et soutenu de nombreux événements comme le classement par points de la Solitaire du Figaro, les débuts du Tour de France à la voile.  Au-delà de l’investissement et des retours en image,  nous avons marqué l’histoire du sponsoring dans la course au large. Les skippers Generali forment une grande famille. Encore aujourd’hui, j’ai beaucoup de contacts avec eux.

 

 

Pour compléter : relire l'interview intégrale de la rencontre entre Laure Vergne (à droite sur la photo) et Marie-Christine Lanne (à gauche).

 
 
 
 
 
 

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