8/2/2019 - METIERS : L'AUDIT CHEZ GENERALI

Les qualités d’un bon auditeur ? Curiosité, esprit de synthèse, flexibilité et sens du collectif !

Directeur de l'Audit chez Generali France, Philippe Bertomeu nous explique en quoi consiste ce métier souvent méconnu au sein des entreprises... Un métier exigeant mais passionnant, qui permet d’objectiver les risques et d’aider les managers à prendre les bonnes décisions, afin de protéger l’entreprise et ses clients sur le long terme. Un métier qui offre chez Generali une grande diversité de missions, une ouverture à l’international, et se révèle souvent un accélérateur de carrière !

 


Globalement, comment définiriez-vous l’audit dans l’assurance ?

Ph. Bertomeu : L'audit est une fonction clé définie par la directive Solvabilité II. Sa mission principale est d’évaluer, de façon périodique et indépendante, la robustesse du système de contrôle interne de l’entité d’assurance, pour maitriser l’ensemble de ses risques. Il y a quatre grands types de risques dans l’assurance :

  • les risques financiers (marché, crédit…) ;
  • les risques assurantiels (de souscription, de mortalité…) ;
  • les risques opérationnels (affectant nos processus, notre informatique ou règlementaire) ;
  • les autres risques (émergents, stratégiques, de réputation etc.).

En tant que partenaire des métiers, notre enjeu consiste à objectiver le risque et aider les managers à prendre les bonnes décisions, afin de protéger l’Entreprise. Notre rattachement à la Direction générale garantit notre indépendance dans l’exercice de nos trois grandes fonctions :

1) évaluer les risques de la compagnie ;
2) définir et mettre en œuvre le plan de missions d’audit annuel ;
3) mettre en place les recommandations d’audit avec les métiers.


Concrètement, qu’est-ce que « le système de contrôle interne » et comment se positionne l'Audit ?

Ph. Bertomeu : Le système de contrôle interne est l’ensemble des moyens mis en œuvre pour garantir la maîtrise des risques auxquels l’entreprise d’assurance est exposée. Il veille à la conservation d’un niveau de solvabilité de l’entreprise suffisant, pour empêcher son éventuelle défaillance financière sur une durée longue. Il a aussi vocation à protéger les intérêts des clients par une meilleure qualité d’exécution des transactions et opérations de gestion, dans le respect de la réglementation.

Le régulateur a défini un cadre de 3 lignes de défense :

• la 1ère ligne, ce sont les opérationnels qui, chez Generali, sont sous la responsabilité directe des patrons de marché ou des grandes fonctions support (contrôle interne et FRR) ;
• la 2ème ligne est constituée des fonctions clés du Risk management, de la Conformité et de la Fonction actuarielle et regroupe aussi le pilotage du contrôle interne et le contrôle des délégataires ;
• enfin, l'Audit interne est la 3ème ligne de défense.


Quels sont vos liens avec les autres fonctions de contrôle ?

PB : En ce qui concerne les risques financiers et d’assurance : notre rôle est à la fois de garantir l’efficacité des dispositifs en place pour identifier, évaluer et faire valider les éléments quantitatifs et qualitatifs, et d’assurer la gouvernance des risques. Nous échangeons régulièrement avec le Risk management et la Fonction actuarielle. Dans le cas des risques opérationnels, et de non-conformité, les sujets impliquent tous les acteurs de la 2ème ligne et l’Audit. Il existe une très forte complémentarité entre nous, tant pour l’évaluation que pour la sécurisation des risques.


Des exemples récents d’évaluation des risques ?

PB : Concernant l’évaluation des risques, nous auditons les dispositifs mis en place par exemple à l’arrivée d’une nouvelle règlementation, comme le RGPD ou la Directive Distribution. Nous analysons les textes réglementaires, vérifions comment ils ont été traduits dans nos opérations et évaluons les écarts entre les deux. En fonction du résultat de l’audit (écart de conformité significatif ou non) la 2ème ligne va ajuster son niveau de risque en le maintenant ou en l’augmentant.
 

Pour la sécurisation des opérations enfin, notre  plan de missions annuel couvre les risques de la compagnie de façon systémique mais pas systématique. En effet, il ne s’agit pas d’« attraper » tous les sujets opérationnels d’une société multi-spécialiste comme Generali France. De ce fait, les contrôleurs internes définissent chaque année des plans de sécurisation. Notre rôle est de nous assurer que le plan d’audit annuel et les plans de sécurisation du Contrôle interne, propres à chaque métier, sont cohérents et garantissent la meilleure efficacité.


Chez Generali, quelle est la particularité de la fonction Audit ?

Ph. Bertomeu : Nous sommes une fonction globale au sein du Groupe Generali, et nous rendons compte de notre activité aux Conseils d’administration de la compagnie, avec une vision consolidée sur des sujets communs. De plus, l’Audit  dispose de sa propre gouvernance. Nous avons une méthodologie  et un outil communs à toutes les entités du Groupe. Une part importante de nos missions est réalisée en commun avec d’autres entités de Generali. Nos interactions avec les équipes centrales sont nombreuses et nous partageons notre vision des risques ou les bonnes pratiques.


   « L’audit est la     fonction la plus   intégrée du Groupe. »

   Monica Possa, responsable des RH et de l'Organisation du Groupe

 

Le métier de l’Audit est très riche et varié. Comment définir les principales qualités d’un bon auditeur ?

Ph. Bertomeu : Si je devais choisir 5 qualités chez un auditeur je privilégierais celles-ci :

• La curiosité : l’auditeur doit chercher les nombreuses informations nécessaires afin de les analyser et les classer.
• La capacité de synthèse : qualité indispensable, car il faut savoir exposer les problèmes sous une forme « exécutive » sans jamais perdre la substance de l’analyse, pour une prise de décision rapide et efficace. Les décideurs n’ont en effet qu’un temps très limité.
• La flexibilité : à chaque nouvelle mission, l’auditeur doit s’adapter hors de sa zone de confort à de nouveaux partenaires, de nouveaux métiers, dans des domaines divers. De plus, le manager de mission et les membres de l’équipe changent fréquemment d’une mission à l’autre.
De l’énergie et du sens collectif : c'est un métier qui réclame beaucoup d’énergie, une forte appétence relationnelle et un sens aigu de la diplomatie. Le sens collectif est primordial, car nous avons besoin d’un dialogue constant au sein de l’équipe, qui engage les auditeurs, le manager mais aussi le Directeur.

 

C'est un métier exigeant mais passionnant. Il offre une grande diversité de missions, une ouverture à l’international, et couvre une vaste palette de métiers et de savoir-faire au sein de la compagnie et du Groupe. Un passage à l'audit est un potentiel accélérateur de carrière.


Quels types de profils recrutez-vous en interne ?

PB : Nous recrutons très régulièrement de nouveaux profils. En effet, l’Audit est à la fois un centre d’expertise, un vivier de talents pour l'entreprise et un lieu de passage où l’on reste 3 à 4 ans. C’est pourquoi nous sommes très attentifs à maintenir une veille active des profils internes, avec l’aide précieuse des Ressources humaines.

Du point de vue des métiers, nous recrutons parmi l'actuariat, la finance, le Risk management, l'IT, ou dans la filière du contrôle au sens large (juridique, conformité ou contrôle interne). Nous recherchons aussi des profils généralistes avec une forte exposition à des métiers comme la souscription, les sinistres, les solutions d’assurance ou la distribution. Un niveau bac + 5 et une première expérience significative sont généralement nécessaires pour réussir dans ce poste, tout comme une bonne pratique de l'anglais, car tous nos travaux et nos interactions avec le Groupe sont en anglais.

 

Comment l'Audit s'inscrit-il dans le projet d’entreprise de Generali ?

PB : L’Audit concourt à notre plan stratégique France en contribuant à l’efficacité opérationnelle de l’entreprise. Notre enjeu est de faire progresser la culture du risque dans l'entreprise, pas de multiplier les contrôles tous azimuts. L’équilibre entre une bonne compréhension des risques par les acteurs opérationnels, et des contrôles bien positionnés sur les grands processus de l’entreprise, nous permettra d’atteindre le bon niveau de sécurisation, surtout  dans cette période de « croissance réglementaire ». 

 

Ensuite, la profonde transformation que j’ai engagé en 2018, vise à positionner l’Audit comme un acteur clé tant en France qu’au niveau du Groupe. Avec 16 auditeurs recrutés en un an, notre ambition pour 2019-2020 est de devenir l’une des meilleures places où travailler au sein de Generali France.

 

L’Audit dans les années à venir ?

Le développement accéléré de la digitalisation et de l’intelligence artificielle va progressivement bouleverser les processus opérationnels et la nature même de l’Audit. Demain il s’agira plus de faire face à de nouveaux risques comme la cyber sécurité et la maîtrise du processus algorithmique, que de sécuriser  les processus eux-mêmes (si le contrôle « by design » a bien été embarqué au moment de l’automatisation).

Le projet « Data analytics », initié par le Groupe en 2018 et que la France a rejoint, vise à accompagner ces transformations avec nos collègues de l’IT (IA, sécurité IT…) et de la data. Nous avons encore beaucoup d’aventures à vivre et nous sommes prêts à relever tous les défis !

 

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