The Human Safety Net - Témoignage - 11/03/2020

« L’art aide les gens à développer leur personnalité profonde », portrait de Zina Al Halak, comédienne.

Début février, Zina Al Halak, comédienne syrienne réfugiée en France, a intégré l’incubateur The Human Safety Net de Montreuil. Elle nous a parlé de son projet professionnel, de son parcours et de ses motivations. Portrait d’une femme décidée à avancer en aidant les autres.

 


 

 

« A mon arrivée en France, j’ai ressenti une grande frustration chez les personnes réfugiées. Ne pas maîtriser la langue et ne pas avoir d’argent pour se payer des études crée beaucoup de tensions chez eux. C’est ainsi que m’est venue l’idée de faire de mon art un outil de développement personnel.

 

Je suis née à Damas, en Syrie, où je me suis formée en tant que comédienne et actrice à l’Institut supérieur d’art dramatique du pays. J’ai travaillé dans de nombreux domaines comme le cinéma, la télévision, le théâtre et la mise en scène en Syrie mais aussi en Tunisie et en France.

 

Je souhaite former des français natifs et des réfugiés au théâtre, au cinéma, à la scénarisation ou encore à la photographie. Pour les accompagner dans leur carrière professionnelle ou pour développer leur résilience Etant moi-même une professionnelle du cinéma, je sais à quel point il est difficile de retrouver un travail dans ce domaine en France. Etant moi-même exilée, je sais à quel point l’expérience est douloureuse. Mon but est donc d’aider les gens comme moi en leur proposant différentes formations.

 

« Les réfugiés sont des gens comme vous  : Ils aspirent à la paix et à une vie meilleure »


J’ai intégré l’incubateur The Human safety net à Montreuil. pour développer mes idées et  définir mon projet. En cinq mois, j’ai rencontré énormément de monde. Je suis accompagnée par des bénévoles, des avocats, des associés… Je me suis fait des collègues mais aussi de réels amis.

 

Mon projet a d’ailleurs une autre dimension, celle de rapprocher les cultures. Je suis convaincue que l’art aide les gens à développer leur personnalité profonde, en plus de les aider à apprendre la langue et la culture de l’autre. Selon moi, apprendre à connaître et à reconnaître l’autre, dans sa richesse et sa différence, est plus que nécessaire aujourd’hui.

 

Les réfugiés sont des gens comme vous  : Ils aspirent à la paix et à une vie meilleure. Il me tient à cœur de déconstruire les préjugés qui les concernent. Rapprocher les gens grâce à l’art : voici ce qui me motive vraiment et ce qui me rend heureuse.

 

C’est la raison pour laquelle j’ai nommé mon association El Paso, en référence à la fameuse frontière géographique et culturelle entre les Etats-Unis et le Mexique. Je veux aider les gens à faire symboliquement ce pas l’un vers l’autre. »

 

 

Photos : Sébastien d’Halloy 

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