Management - 7/12/2017

Management participatif : pour une entreprise plus humaine et plus efficace

Pour attirer des jeunes talents et accompagner leur révolution numérique, les entreprises doivent se transformer et expérimenter des modes de management innovants. Finie l’entreprise hiérarchisée, en silo. Vive le management participatif ! Témoignage...

 

Un cercle vertueux

Tout est dans son nom. Le management participatif implique les collaborateurs dans le fonctionnement de l’entreprise, de la prise de décision au règlement de certains problèmes. Valorisés et responsabilisés, ils se sentent plus épanouis, sont plus mobilisés et efficaces, affirment les entreprises qui ont adopté ce mode de management.

 

C’est ce que confirme Romain Graille, manager Indemnisation construction chez Generali  : « C’est un cercle vertueux, car en donnant plus de responsabilités à chacun, vous pouvez accroître les compétences de toute une équipe. Et en leur confiant des tâches à plus forte valeur ajoutée, vous jouez à la fois sur leur efficacité et leur bien-être au travail. Tout cela étant source d’une plus grande confiance en soi et en l’avenir, puisque l’employabilité des collaborateurs s’en trouve aussi accrue. »


Le management participatif en pratique

Le management participatif oblige l’entreprise à une profonde remise en question. Il faut alléger la hiérarchie. Les managers doivent apprendre à déléguer et faire confiance. L’entreprise doit savoir écouter ses collaborateurs. Chacun doit se sentir impliqué...

Si une telle (r)évolution est plus simple à mener dans les petites entreprises, par nature moins hiérarchisées, le management participatif s’impose aussi dans les grandes entreprises axées sur l’innovation : on cite souvent Google comme exemple, avec un modèle construit sur la confiance et l’autocontrôle.

Mais d’autres entreprises osent remettre en question la classique organisation pyramidale, pour un management plus léger, souple et fluide, basé sur le partage, l’écoute et le respect. Et bien souvent, cette véritable innovation RH va de pair avec l’innovation technique et marketing.

 

Un mouvement porté par les nouvelles technologies

Pour s’imposer, le management participatif peut compter sur les nouveaux outils numériques : réseaux sociaux d’entreprise, outils collaboratifs, etc. D’abord parce que ces outils permettent d’instaurer des échanges plus simples, transverses et directs : un collaborateur peut sur les réseaux sociaux interpeller directement un expert dans une autre direction, sur un point précis. De plus, ces outils nouveaux favorisent le partage, le travail en mode projet, les équipes transverses… Des pratiques dérivées du management participatif.

Toutefois il ne suffit pas de mettre en place ces outils pour que le management devienne participatif : il faut qu’une nouvelle culture d’entreprise s’impose.


Plus d’autonomie, moins de hiérarchie

Une fois implanté et adopté, ce nouveau management profite aux équipes et à l’entreprise, mais aussi aux clients. En étant plus à l’écoute de ses collaborateurs, y compris les collaborateurs de terrain, l’entreprise recueille de nombreuses informations sur les clients avec qui ces collaborateurs sont en relation au quotidien. Elle peut ainsi enrichir son offre en répondant mieux aux attentes du marché.

Le management participatif est ainsi l’allié des entreprises souhaitant s’organiser autour des besoins du client (organisation customer centric). Car pour accroître la satisfaction client, il faut donner plus d’autonomie aux collaborateurs de terrain. En effet, comment offrir une « expérience client » satisfaisante si, sur le terrain, le collaborateur doit se référer à sa hiérarchie pour prendre la moindre décision ?


Un cas concret de management participatif chez Generali

Été 2016 : pour plus d’efficacité, le service Indemnisation des sinistres construction est réorganisé et scindé en 3 services, composés chacun d’une vingtaine de gestionnaires et d’un manager. Romain Graille, le manager de l’une de ces équipes, profite alors de ce renouveau pour impulser une démarche de management participatif.

 

« Avec la digitalisation, certaines tâches allaient être automatisées. Il fallait donc faire évoluer les collaborateurs vers des tâches à plus forte valeur ajoutée et repenser tout le fonctionnement du service. Chacun a été invité à participer à cette évolution, autour de trois valeurs clés : l’audace d’imaginer de nouveaux fonctionnements, l’entraide pour atteindre des objectifs communs, et la confiance, en soi comme dans les autres. J’ai instauré un fonctionnement en mode projet, supprimé toute notion de hiérarchie, et surtout, j’ai fait monter en compétence toute l’équipe en multipliant les formations.
 

Le résultat ? Un travail plus efficace (nous avons écoulé tous les dossiers en retard) et plus épanouissant. Une satisfaction client en hausse, comme en témoigne la chute du nombre de réclamations. Et, enfin, des économies – qui devraient atteindre 1,5 M€ sur les dossiers de masse cette année – grâce à des innovations suggérées le plus souvent par les collaborateurs. Par exemple ? La « visio-expertise » : une expertise réalisée en visiophonie avec le client pour accélérer le traitement du dossier tout en valorisant la compétence des collaborateurs, qui peuvent se poser en experts et donner un avis immédiat au client… » se réjouit Romain Graille.

 

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