Qualité de l'air et santé : interview du Dr Pierre Souvet - 20/09

Sport et pollution : 3 questions au Dr Pierre Souvet

Depuis 2013, Generali France sensibilise ses parties prenantes aux répercussions sur la santé des dégradations environnementales. Découvrez les risques de la pollution de l’air et leurs impacts sur la santé en trois questions au Dr Pierre Souvet, cardiologue, co-fondateur et Président de l'Association santé environnement France (Asef).

 

 

 

Depuis 2013, Generali France sensibilise ses parties prenantes clients, salariés, distributeurs et partenaires – aux répercussions sur la santé des dégradations environnementales. Dans ce cadre, l’assureur a noué un partenariat avec l’Association Santé Environnement France (ASEF), qui rassemble 2500 médecins.

Quels sont les vrais risques de la pollution de l’air sur la santé ?

Les risques chroniques sont de trois types :

  • Les risques cardio-vasculaires : une récente revue de la littérature médicale menée par des médecins et chercheurs de Strasbourg, Harvard, Dijon et Bruxelles, montre que si la pollution de l’air en particules fines augmente de 10µg/m3 par an, cela s’accompagne en moyenne d’une augmentation de la mortalité cardiovasculaire de 11%, d’une augmentation du risque d’infarctus de 12% et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) de 19%, notamment chez les patients jeunes, non-fumeurs.
  • Les risques pulmonaires et respiratoires : la pollution de l’air, et notamment celle due au diesel, fait augmenter l’apparition des cancers du poumon et des maladies respiratoires comme l'asthme, surtout si le sujet est exposé très jeune à la pollution. Cette pollution va aussi exacerber les symptômes des patients déjà atteints  (bronchite chronique, asthme, etc.).
  • Les risques cérébraux : ils sont liés aux particules ultra-fines, qui sont capables d’entrer dans le cerveau, Nous avons mis en évidence un lien  entre particules fines et des maladies neurodégénératives comme Alzheimer.

 

Je précise que ces risques concernent tout le monde, et non uniquement les personnes fragiles ou malades !

Et qu’en est-il des risques qui surviennent lors des pics de pollution, notamment si l’on fait du sport ?

Il s’agit alors de risques aigus. Du fait de la pratique sportive, on absorbe plus d’air, et donc plus de polluants. On augmente, dans ces conditions, son risque d'infarctus du myocarde de 3 à 5%. Par ailleurs nous avons demandé à des sportifs entraînés de pratiquer une activité physique dense en période de pic de pollution. En raison de leur effort, leur stress oxydatif augmente, tout comme leur risque de thrombose.

Quels conseils donner à ceux qui souhaitent pratiquer une activité sportive lors d’un pic de pollution ?

Il s’agit bien sûr de limiter l’intensité et la durée de l’effort sportif et de se placer dans un endroit aussi peu pollué que possible : dans un parc plutôt que près d’un axe de circulation très fréquenté ! Il faut aussi choisir son moment : le matin de bonne heure, quand la pollution est en général moins importante que pendant la journée. En revanche, pratiquer un sport en salle ne résout pas le problème, l'air extérieur participant à la pollution de l’air intérieur. Au gérant de la salle de l’aérer très tôt le matin !
 

La pollution de l'air est un problème majeur de santé publique et doit être réduite. A Tokyo, en réduisant le taux de particules fines de près de  50% la mortalité cardiovasculaire a été réduite de 11% et la mortalité pulmonaire de 20%. Ceux sont des résultats extraordinaires et nous militons pour qu'une réglementation plus stricte soit appliquée pour les particules fines et ultrafines qui sont les plus toxiques

 

Commenter cet article

Image CAPTCHA
Tous les champs sont obligatoires.